Vers une 4e opérateur pour faire baisser la facture


À côté d'Orange, de SFR et de Bouygues Télécom va prendre place d'ici l'été un 4e opérateur de téléphonie mobile avec la perspective d'une baisse de la facture télécom des Français. Telle est l'annonce faite lundi par François Fillon lors d'un point presse présentant l'avancée de la mise en place du plan France numérique 2 012. Après de nombreux débats sur la façon d'attribuer une 4e licence de téléphonie de 3e génération (3G), le gouvernement a donc tranché. Il a demandé à l'Autorité de régulation des communications et des postes (Arcep) de lancer « avant la fin du mois de février » un appel à candidature reposant sur trois lots de 5 mégahertz des fréquences à pourvoir dont un sera réservé à ce 4e opérateur.
Free ou Numéricâble ?

« J'ai choisi de favoriser la possibilité d'un nouvel entrant [car] plus il y a d'opérateurs, plus il y a de concurrence, sans déstabiliser et en permettant aux opérateurs existants d'obtenir une partie des lots », a expliqué le Premier ministre. Lors du précédent appel d'offres organisé en 2007, seul Free avait déposé un dossier de candidature, qui avait été rejeté par l'Arcep. Le régulateur estimait, en effet, que Free mobile n'avait pas la capacité à payer les 619 M€ que coûte la licence. Si Orange préfère « attendre de connaître les conditions financières et opérationnelles de l'octroi envisagé », SFR et Bouygues n'ont pas souhaité réagir. En revanche l'UFC-Que Choisir salue une « très bonne surprise » et Maxime Lombardini, directeur général de Free (groupe Iliad) s'est dit « très heureux. » Free s'estime « très légitime » pour devenir le 4e opérateur. Une position logique car à l'heure de la convergence, il lui manque la brique « téléphonie mobile » pour faire une offre globale internet-télé-téléphonie fixe et mobile que peuvent déjà proposer Orange et SFR. Pour les mêmes raisons que Free, Numéricâble pourrait également se porter candidat. À moins qu'un autre acteur, encore inconnu à ce jour, ne se déclare. La position du futur opérateur sera toutefois délicate car en ne disposant que de 5 mégahertz, il ne pourra pas couvrir l'intégralité du territoire national et devra donc louer des fréquences à d'autres opérateurs (comme les opérateurs « virtuels » de type M6-Mobile, Simpléo…). Selon les chiffres de l'Arcep, la facture mensuelle moyenne en téléphonie mobile est passée de 28,70 € au 2e trimestre 2004 à 27,60 € au 2e trimestre 2008. Les quelque 56 millions d'abonnés attendent donc sans doute beaucoup du futur opérateur, même si les tarifs français sont parmi les plus bas en Europe. En 2007, Free avait promis de diviser la facture mobile par deux…


Free veut lancer une offre nationale

A la suite de notre article, l'opérateur Free a souhaité apporter des précisions sur la possibilité de déployer une offre nationale.

"Avec 5 Mhz dans la bande des 2.1 Ghz : un 4ème opérateur pourrait tout à fait avoir une couverture nationale et accueillir des millions d'abonnés. (ça existe déjà dans d'autres pays) De plus, l'opérateur qui obtiendrait ce lot de 5 Mhz récupérerait automatiquement 5 Mhz dans la bande de fréquences 900 Mhz ; en effet, les opérateurs mobiles existants ont pris l'engagement dans leur licence il y a quelques années de libérer 5 Mhz dans cette bande de fréquences ( 900 Mhz) dès lors qu'un 4ème opérateur arriverait sur le marché avant mi 2010. Donc un 4ème opérateur aurait 5 Mhz + 5 Mhz = 10 Mhz.", expose une responsable d'Iliad, la maison mère de Free.

"Par ailleurs: rien n'empêche cet opérateur de se porter candidat à un autre lot de 5 Mhz qui sera ouvert à tous les opérateurs (existants et nouveaux) Dernier point : de nouvelles fréquences seront libérées dans quelques temps : il s'agit des fréquences militaires (bande des 2.6 ghz) etle dividende numérique. En ce qui concerne Free, si nous sommes candidat et que notre candidature est retenue: il n'est bien évidement pas question de lancer une offre sur quelques grandes agglomérations mais bien une offre au niveau national."
Télé mobile : ça avance

La télévision sur téléphone portable (comme ci-dessus le Nokia N77) reste encore un serpent de mer en France. Pour « lever les blocages actuels issus de divergences de vue entre les acteurs concernés sur le modèle économique », le gouvernement a décidé hier de lancer dans les prochains jours une mission. Son objectif sera de définir « d’ici au 31 mars » le modèle économique à partir duquel seront enfin déployées les infrastructures.

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