Midi-Pyrénées de plus en plus numérique


Les foyers de Midi-Pyrénées sont de plus en plus nombreux à s’équiper d’outils numériques et les usages liés aux technologies de l’information et de la communication (TIC) sont en train d’exploser, tant chez les particuliers que chez les collectivités. Telle est la conclusion du nouveau Diagnostic de la Société de l’Information en Midi-Pyrénées, réalisé en 2008, par l’Ardesi, l’agence spécialisée du conseil régional, et qui sera rendu public ce jeudi.
Le chiffre clé de ce 4e diagnostic : 54 % des foyers de Midi-Pyrénées sont désormais connectés à internet. Un taux très proche de la moyenne nationale établie à 54,2 %. Cela en dit long sur le volontarisme qui s’exprime dans une région toujours marquée par de nombreuses zones blanches (lire ci-dessous). La Haute-Garonne et les zones urbaines sont bien sûr les locomotives de la région concernant la connexion à internet, mais l’engouement pour les technologies numériques concerne bien l’ensemble de Midi-Pyrénées. Téléphone mobile, ordinateur, lecteur DVD, appareil photo numérique, connexion internet et haut débit : pour chacun de ces postes, les taux d’équipement ont une progression variant de +12 à +48 points en six ans. Outre la communication par e-mail, plébiscitée par 88 % d’entre eux, les Midi-Pyrénéens sont devenus accros au cybercommerce (57 % sont acheteurs). La gestion bancaire en ligne est également un usage clé (60 %) tout comme l’administration électronique (45 %). Une donnée d’ores et déjà prise en compte par les collectivités et les nouvelles municipalités installées en mars 2008.
Car si les citoyens sont devenus des technophiles, les collectivités leur ont largement emboîté le pas. Ainsi, 58 % des 276 Offices de tourisme et syndicats d’initiative ont désormais un site web (+12 points depuis 2006). Fini les petits sites vitrine mal fagoté ; place à des sites plus professionnels, plus accessibles, plus agréables. Il est vrai qu’avec son opération Grands Sites dont la campagne de promotion bât son plein, la Région a montré la voie.
Côté collectivités, seules 16,9 % des communes ont un site, mais cela représente 80 % de la population régionale. En revanche les intercommunalités et les Pays sont davantage présents sur internet sur internet (41 % et 50 %). Le Diagnostic révèle également que l’engouement pour les TIC est réellement transgénérationnel. Ainsi, les seniors fréquentent de plus en plus les lieux d’accès publics à internet, notamment l’excellent réseau des 47 Cyber-bases. Et pour les scolaires, le monde de l’éducation fourmille d’initiatives, en s’équipant notamment de tableaux blancs interactifs (76 au total), de cartable s numériques ou en commençant le déploiement d’Environnement numérique de travail.

Les étudiants fous de Facebook
Pour la première fois, avec l’aide du sondeur BVA, l’Ardesi a réalisé une étude sur l’équipement des étudiants, qui constituent une véritable locomotive dans les usages du numériques. 99 % ont un téléphone mobile, 93 % un ordinateur, 93 % une connexion internet. Les étudiants en école d’ingénieurs sont les plus fortement équipés en ordinateur et accès haut débit. Pour cette génération née avec un ordinateur dans le berceau, le téléphone mobile est le terminal le plus utilisé, notamment pour les SMS (100 %), la prise de photo (84 %) et les MMS (81 %). Trois outils complètement toutefois le mobile : le lecteur MP3 (73 % en sont équipés), l’appareil photo numérique (69 %) le lecteur de DVD (61 %). Le téléchargement ; la musique, la vidéo, les jeux, le cybercommerce sont parmi les usages préférés des étudiants, mais ce sont surtout les réseaux sociaux qu’ils plébiscitent. 56 % fréquentent MySpace, Facebook, etc.

«Fracture numérique : une lutte constante»

«Cette 4e édition du diagnostic, qui représente 80600€ sur notre budget, est un travail capital pour mesurer les pratiques et fournir les éléments de réflexion aux élus, basés sur nos forces et nos faiblesses», explique Jean-Paul Lareng, directeur de l’Ardesi. Des faiblesses ? Midi-Pyrénées n’en manquaient pas, elle qui est l’une des région les plus vastes de France avec sa ribambelle de zones blanches. De fait la fracture numérique entre ceux qui sont connectés et ceux qui ne le sont pas est peut-être plus criante ici qu’ailleurs. Jean-Paul Lareng ne dira pas le contraire, lui qui, pour 200mètres près, n’a pas accès à internet à haut débit dans son village situé pourtant à 40 km de Toulouse et doit se contenter du bas débit. «A Toulouse, pour trois fois moins cher, j’aurais un débit 100 fois supérieur», explique le directeur de l’Ardesi, qui pointe là la galère que rencontrent encore les résidents en zones blanches. Une réalité qui serait presque occultée par le taux de 97,29% de la population couverte en ADSL.
«C’est un paradoxe : la fracture numérique se réduit et augmente en même temps. C’est une course, une lutte constante que nous menons», explique Jean-Paul Lareng. De fait les collectivités de la région investissent massivement dans les réseaux haut débit pour résorber les zones blanches. Ces initiatives publiques portées par laRrégion, les Départements, les communes et qui s’appuient sur tout le volant disponible des technologies (Wifi, Wimax, satellite, fibre optique, etc.) ont permis d’augmenter le dégroupage, «puisque 42,12% de la population en 2007 peut accéder à une offre dégroupée contre 39,53% en 2007.» Plus de 200 communes, par exemple, ont répondu depuis le 1er octobre dernier au projet Midi-Pyrénées Numérique. Dans Tarn, la SEM e-Téra a couvert plusieurs municipalités et les départements de l’Ariège et de l’Aveyron font montre d’un dynamisme remarquable. Le Gers en revanche reste « le seul déparement sur lequel aucune offre dégroupée n’existe à ce jour, en dépit d’initiatives publiques sur Auch.»

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