Par Sérgio Amadeu da Silveira , Universidade Federal do ABC (UFABC) La violence, les exagérations, la diffusion de fake news et les mensonges sont les bienvenus sur les plateformes numériques. Il s’agit de maximiser la visibilité des contenus et, ainsi, les profits des Big Tech. Soutenus par Donald Trump, les milliardaires qui détiennent les plateformes refusent tout contrôle au nom de la liberté d’expression. Jamais dans l’histoire un si petit groupe d’entreprises n’avait réussi à s’immiscer dans les relations des individus à une telle échelle – celle du monde. Les fameuses « Big Tech » sont devenues des médiateurs actifs des relations sociales grâce aux technologies numériques. Or il n’est pas inutile de rappeler que les médiateurs ne sont pas neutres. Les Big Tech influencent les opinions en modulant l’attention et en produisant des réactions chez leurs millions d’utilisateurs. Au sein des réseaux sociaux et de leurs variantes, leurs contrôl...

C'était il y a 60 ans, le 29 juin 1949. Le premier journal télévisé apparaissait sur les rares écrans noir et blanc - trois mille tout au plus en France - présenté par Pierre Sabbagh et une équipe de pionniers qui défrichaient alors avec une bonne dose de système D un nouveau genre télévisuel depuis les studios parisiens de la rue Cognacq-Jay. L'équipe du JT était composée notamment de Pierre Dumayet, Georges de Caunes, Denise Glaser, Jacques Sallebert, Roger Debouzy, Claude Darget et Pierre Tchernia, devenu depuis le vieux sage des enfants de la télé que nous sommes tous. Le succès du JT, qui fait succéder à de plates « actualités » commentées des reportages inédits est très tôt au rendez-vous. Et le « 20 heures » devient dans les années 60 la grand-messe qui réunit toute la famille. Le format évolue peu, mais la forme connaît des bouleversements dont le vedettariat n'est pas l'un des moindres. De Léon Zitrone à Christine Ockrent, de Roger « la France a peur » Gicquel à Yves Mourousi, de Claire Chazal à Jean-Pierre Pernaut de PPDA à Harry Roselmack, les hommes et femmes troncs sont devenus des stars dont la vie professionnelle et personnelle alimente la presse people.
En parallèle, l'info est devenue le nerf de la guerre des chaînes généralistes. Face à Antenne 2, TF1 prend le large dès sa privatisation en 1987. Son 20 heures est le plus suivi d'Europe et son 13 heures des régions fait un carton. De son côté, FR3 a rompu l'horaire du 20 heures en 1986 pour lancer un 19-20 original qui séduit des accros de l'info déjà conquis par le Soir 3 lancé en 1978 par Jean-Marie Cavada. La concurrence croissante des chaînes d'informations en continu (LCI, i-Télé, BFM-TV), et surtout celle d'internet, de ses réseaux sociaux et de Twitter - on l'a vu avec l'Iran - n'ont toutefois pas encore signé la fin du « 20 heures. » Même si les audiences sont en baisse, les JT restent des locomotives. La preuve ? M6 va troquer son 6Minutes tout images par un vrai JT, présenté à partir du 7 septembre par Claire Barsacq et Nathalie Renoux.
En parallèle, l'info est devenue le nerf de la guerre des chaînes généralistes. Face à Antenne 2, TF1 prend le large dès sa privatisation en 1987. Son 20 heures est le plus suivi d'Europe et son 13 heures des régions fait un carton. De son côté, FR3 a rompu l'horaire du 20 heures en 1986 pour lancer un 19-20 original qui séduit des accros de l'info déjà conquis par le Soir 3 lancé en 1978 par Jean-Marie Cavada. La concurrence croissante des chaînes d'informations en continu (LCI, i-Télé, BFM-TV), et surtout celle d'internet, de ses réseaux sociaux et de Twitter - on l'a vu avec l'Iran - n'ont toutefois pas encore signé la fin du « 20 heures. » Même si les audiences sont en baisse, les JT restent des locomotives. La preuve ? M6 va troquer son 6Minutes tout images par un vrai JT, présenté à partir du 7 septembre par Claire Barsacq et Nathalie Renoux.
Dix stars révélées par le 20 heures
De 1961 à 1981, Léon Zitrone officie sur TF1 puis Antenne 2 pour le JT et les grands événements. Sur TF1, Jean-Pierre Pernaut règne en maître depuis 1988 sur son 13 heures des régions. Roger Gicquel (TF1 75-80) lance « la France a peur » en 1976 après le meurtre de Ph. Bertrand. De 87 à 97 sur la Une puis la Deux, le facétieux Bruno Masure présentait le JT en charentaises. La « reine » Christine Ockrent est la première femme à présenter un JT, sur la 2 en octobre 81. En 1991, Claire Chazal débarque sur TF1 pour ne plus jamais quitter le 20 heures du week-end. Après Antenne 2, Patrick Poivre d'Arvor devient sur TF1 le pape du 20 heures de 1981 à 2008. Co-présentatrice du 19-20 de la 3 de 1990 à 2005, Elise Lucet mène le 13 heures de France 2. De 1975 à 1988, le « bonjour » de l'impertinent Yves Mourousi résonne à 13 heures sur la Une. En 2006 TF1 joue la carte du « premier journaliste noir » Harry Roselmack pour son 20 heures.