La guerre du livre numérique


Longtemps objet de science fiction avant de devenir un véritable fiasco industriel dans les années 90, le livre électronique (ou e-reader) est de retour dans un contexte nouveau, celui de la numérisation de tous les contenus (musique, vidéo, écrit) et leur convergence sur de multiples supports. Face au boom des smartphones de type iPhone et celui des mini-ordinateurs netbooks, les nouveaux modèles de livres électroniques essaient de se faire une place avec de nouveaux arguments. Pour cela, ils jouent sur deux tableaux : celui du matériel et celui du logiciel.

Utilisant toujours l'affichage noir et blanc à base d'encre électronique, gage d'une excellente autonomie, les nouveaux lecteurs ultralégers permettent de stoker des centaines de livres téléchargés sur internet, par Wifi ou via les réseaux de téléphonie mobile. Certains modèles sont dotés d'un clavier pour surligner tel ou tel passage que l'on pourra ensuite réutiliser sur son ordinateur après avoir synchronisé les deux appareils. Idéal pour les professionnels de l'écrit, les étudiants et pourquoi pas les écoliers qui gagneraient à troquer leurs lourds manuels scolaires contre un seul e-book.
Côté logiciel ensuite, la révolution est en marche avec des méthodes de commercialisation agressives qui inquiètent en France les libraires, très attachés au prix unique du livre, même si le catalogue de livres électroniques en français est encore modeste. Si des partenariats se nouent entre des libraires et des constructeurs (comme la Fnac avec Sony), la dynamique vient surtout d'acteurs d'internet bien installés : Amazon et Google. Le premier commercialise un lecteur, le Kindle, qui permet d'acheter des livres à prix cassés et qui truste déjà 10 % des ventes de livres en Amérique du Nord. Le second numérise à vitesse grand V des milliers d'ouvrages de par le monde. Dans cette guerre du livre électronique, une course de vitesse est engagée par tous les acteurs pour imposer un modèle de commercialisation (vente au livre ou forfait mensuel) et un format de lecture. Car il manque encore aux e-books ce qui a permis de faire décoller la musique numérique : un format universel. Mais la tendance est là : il devrait se vendre 18 millions d'e-books en 2012 dans le monde, soit un rythme de croissance annuel de 161 %, pour un marché de 193 millions d'euros.


Plusieurs modèles prêts pour Noël
Le Cybook Opus de Booken pèse 150 g. Compatible avec plusieurs formats de fichiers dont le PDF il dispose d'un détecteur de mouvements pour orienter son écran de 5''. 250 € ou 300 € avec 75 livres et une carte de 2 Go.
Le PRS-505, 1er modèle de Sony de 8 mm d'épaisseur pour 280 g, peut stocker jusqu'à 160 e-books, voire 13 000 avec une carte mémoire supplémentaire. Le modèle Touch ajoute une fonction tactile à l'écran 6''. Peut afficher des PDF et servir de baladeur. 300 € avec 100 ouvrages offerts.


Christine Albanel en mission contre le piratage
Qui dit livres numérisés dit fichiers facilement copiables et donc piratables… Pour éviter de vivre les déboires de l'industrie musicale, le secteur de l'édition se mobilise pour faire entendre sa voix, notamment face au géant Google. Dans ce contexte, Christine Albanel, ex-ministre de la Culture, vient de se voir confier une mission par le Premier ministre sur le livre numérique et la lutte contre le piratage des contenus dans l'édition. Mme Albanel doit sensibiliser la Commission européenne et les ministres européens de la Culture aux « interrogations » suscitées par « les propositions de numérisation faites aux bibliothèques publiques par des entreprises comme Google. » Le second volet de la mission traite de l'adaptation de l'édition à la lutte contre le piratage. Le troisième volet consistera à faire émerger, comme pour la musique, une offre légale de téléchargement. Remise du rapport en avril 2010.

Le Kindle d'Amazon

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