Bouygues racheté par Orange ou Free ?


Depuis l'échec de son PDG, Martin Bouygues, dans le rachat de SFR, le 3e opérateur mobile français est fragilisé. Alors qu'Orange et Free se montrent intéressés, il doit dévoiler sa nouvelle stratégie qui passe par la suppression de 2000 postes.

Les grandes manœuvres dans la téléphonie mobile et fixe française, entamées avec l'arrivée de Free dans le mobile en janvier 2012, sont loin d'être terminées. Aujourd'hui, Bouygues Telecom doit dévoiler sa stratégie de relance, qui doit lui permettre de réaliser 300 millions d'euros d'économies par an à partir de 2016. C'est qu'il y a urgence pour le troisième opérateur, fragilisé après son échec à acheter SFR, et qui pourrait bien être la proie d'Orange ou de Free qui ont tous deux marqué leur intérêt pour un rachat.

Simplifier les offres au maximum

Le plan de restructuration que Bouygues doit présenter en comité central d'entreprise s'articule autour de deux axes forts : une simplification de la gamme de forfaits avec des prix très agressifs ; et la suppression de quelque 1 500 à 2 000 collaborateurs sur un total de 9 000. Sur la simplification de l'offre, Bouygues veut frapper fort en s'inspirant largement des méthodes qui ont fait le succès de Free. Ses futures nouvelles offres – qui doivent rivaliser avec celles en préparation pour la fin de l'année du nouvel ensemble SFR-Numericable – ne seront toutefois pas low-cost. Bouygues souhaite, en effet, conserver son réseau de boutiques qui assure un bon maillage du territoire, et ses centres d'appels. Côté mobile, Bouygues va faire le ménage dans ses forfaits, pléthoriques : entre ceux proposés actuellement et les anciens toujours en cours, l'opérateur compte environ 700 formules différentes… contre quatre pour Free. Pionnier de la 4G aujourd'hui dépassé par Orange, Bouygues espère renouer avec des marges qui n'ont jamais été au rendez-vous…

Côté téléphonie fixe, Bouygues veut poursuivre son offensive lancée en mars avec son offre triple-play (internet, TV, téléphone fixe) à 19,99 €, soit 10 € de moins que le standard historique établi par Free. Bouygues espère ainsi amener ses concurrents sur ce tarif plancher, alors même que ses infrastructures pourraient difficilement supporter une forte demande. «Je déclare la guerre dans l'Internet fixe» lançait, bravache, Martin Bouygues fin 2013. Xavier Niel, le patron de Free, avait rétorqué que la guerre dans le mobile «n'était pas terminée.» Ambiance…

Mais comme dans toute guerre, des phases de négociations peuvent survenir. Martin Bouygues – qui traitait naguère les gens de Free de «romanichels» voulant s'installer sur ses pelouses – a revu sa position à la faveur de l'épisode du rachat de SFR. Si les deux PDG ne se parlent toujours pas, leurs entourages avaient noué des contacts. La maison mère de Free, Iliad, aurait ainsi offert 4 à 5 milliards à Bouygues pour racheter sa filiale. Bouygues en escomptait 7 à 8 ; du coup les discussions seraient au point mort.

Billard à trois bandes

Bouygues est aussi en contact avec Orange, n° 1 du secteur, qui proposerait un complexe jeu de billard à trois bandes pour éviter les foudres de l'autorité de la concurrence. En substance, Bouygues Telecom serait racheté par Orange pour 6 milliards d'euros. Le Groupe Bouygues entrerait ensuite au capital d'Orange. Puis, une partie du réseau et des fréquences de Bouygues Telecom serait cédée à Free pour 2 milliards d'euros. Partisan d'un rachat de SFR par Bouygues, Arnaud Montebourg, ministre de l'Économie, fait montre cette fois d'une vraie discrétion, mais conserve toujours l'idée d'un retour à trois opérateurs en France. Au final, tout le monde y trouverait alors son compte. Et les consommateurs ? Grands bénéficiaires de l'arrivée de Free, les Français pourraient-ils voir leur abonnement augmenter ? On n'en est pas encore là mais des associations comme l'UFC-Que Choisir ont déjà mis en garde contre toute hausse des prix intempestive.

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