Par Sérgio Amadeu da Silveira , Universidade Federal do ABC (UFABC) La violence, les exagérations, la diffusion de fake news et les mensonges sont les bienvenus sur les plateformes numériques. Il s’agit de maximiser la visibilité des contenus et, ainsi, les profits des Big Tech. Soutenus par Donald Trump, les milliardaires qui détiennent les plateformes refusent tout contrôle au nom de la liberté d’expression. Jamais dans l’histoire un si petit groupe d’entreprises n’avait réussi à s’immiscer dans les relations des individus à une telle échelle – celle du monde. Les fameuses « Big Tech » sont devenues des médiateurs actifs des relations sociales grâce aux technologies numériques. Or il n’est pas inutile de rappeler que les médiateurs ne sont pas neutres. Les Big Tech influencent les opinions en modulant l’attention et en produisant des réactions chez leurs millions d’utilisateurs. Au sein des réseaux sociaux et de leurs variantes, leurs contrôl...
A côté des fake news, les fausses informations qui minentle débat public, existent les fake reviews, les faux avis postés sur des sites d'e-commerce ou des comparateurs bien installés comme Tripadvisor.
Enquêtes menées par la DGCCRF
Ces faux avis font d'ailleurs l'objet d'un véritable business étant donné que 80% des acheteurs en ligne tiennent compte des avis postés avant de réaliser leur achat. Depuis 2010, les enquêtes menées par la DGCCRF relèvent des pratiques commerciales trompeuses récurrentes qui nuisent aux consommateurs (dont le choix a été faussé) et aux professionnels (dont les produits subissent une concurrence déloyale).Fermes à clics et robots
Les plateforme comme Tripadvisor, Booking.com, Yelp ou Google luttent contre ces faux avis mais la tâche de modération est difficile et coûteuse face aux "fermes à clics" installées en Asie, en Afrique du Sud ou en Amérique Latine, qui utilisent des robots de publication automatique.Les choses pourtant sont en train de changer. Le Parlement européen vient d’adopter à une large majorité (37 pour, 1 contre, 1 abstention) sa position sur le paquet législatif réformant certains aspect du droit des consommateurs en Europe qui va permettre à ces derniers de mieux être protégés lorsqu’ils font des achats sur Internet. Les faux avis de clients seront désormais repérables.
"Responsabiliser les plateformes"
"Les avis clients sur les sites marchands sont lus avant 85% des réservations d’hôtel et 62% des réservations de restaurants. Dans ce contexte, il est essentiel de responsabiliser les plateformes en ligne sur la transparence en matière de vérification des avis clients. En tant que présidente du Comité régional du tourisme (CRT) Occitanie, je suis régulièrement alertée sur l’impact des avis frauduleux sur les réservations » rappelle l’eurodéputée (Les Radicaux de Gauchee) Virginie Rozière."Je me félicite que le Parlement européen ait décidé d’imposer aux plateformes en ligne de mentionner clairement l’existence ou non d’un contrôle des avis et les caractéristiques de ce contrôle. Les consommateurs se trouveront ainsi informés de la fiabilité des informations mises à leur disposition. Cette mesure de responsabilisation des plateformes est nécessaire pour protéger les entrepreneurs, les entreprises et les consommateurs" estime l'eurodéputée.
