Par Sérgio Amadeu da Silveira , Universidade Federal do ABC (UFABC) La violence, les exagérations, la diffusion de fake news et les mensonges sont les bienvenus sur les plateformes numériques. Il s’agit de maximiser la visibilité des contenus et, ainsi, les profits des Big Tech. Soutenus par Donald Trump, les milliardaires qui détiennent les plateformes refusent tout contrôle au nom de la liberté d’expression. Jamais dans l’histoire un si petit groupe d’entreprises n’avait réussi à s’immiscer dans les relations des individus à une telle échelle – celle du monde. Les fameuses « Big Tech » sont devenues des médiateurs actifs des relations sociales grâce aux technologies numériques. Or il n’est pas inutile de rappeler que les médiateurs ne sont pas neutres. Les Big Tech influencent les opinions en modulant l’attention et en produisant des réactions chez leurs millions d’utilisateurs. Au sein des réseaux sociaux et de leurs variantes, leurs contrôl...
A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF) lance une campagne de communication pour lutter contre la désinformation, avec le film “#FightFakeNews”.
La lutte contre la désinformation est l’un des enjeux majeurs de la défense du journalisme. A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai 2018, Reporters sans frontières (RSF) lance un film de mobilisation contre les “fake news”, intitulé “#FightFakeNews”. Réalisé par l’agence BETC, ce spot met en parallèle les ravages humains des contrefaçons de produits industriels ou pharmaceutiques et les ravages politiques de la “contrefaçon” de l’information. Au contraire des contrefaçons classiques, dont les conséquences sur la santé ou l’environnement sont visibles et mesurables, le phénomène des “fake news” sape les fondements de la démocratie.
“Les contenus produits de façon rigoureuse et honnête subissent de plus en plus la concurrence déloyale de contenus sponsorisés, de propagande et de rumeurs, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. Comme le prouvent les études, les informations fausses circulent plus aisément que celles qui sont dignes de confiance, à cause des biais cognitifs des êtres humains. Nous ne saurions rester passifs devant les dangers pour la sincérité du débat public et donc pour la démocratie. RSF travaille à promouvoir concrètement la liberté, l’indépendance et le pluralisme du journalisme.”
Cette campagne à destination du grand public, pouvant être diffusée tant par les chaînes de télévision que sur les réseaux sociaux et tous les sites Internet qui le souhaitent, est lancée une semaine après la publication par RSF du Classement mondial de la liberté de la presse 2018 et moins d’un mois après le lancement officiel de la “Journalism Trust Initiative”, un dispositif d’autorégulation des médias visant à renforcer le journalisme dans le nouvel écosystème de l’information, proposé par RSF et ses partenaires, l'Agence France-Presse (AFP), l'Union européenne de radio-télévision (UER) et le Global Editors Network (GEN).
