Les drones civils, un marché qui décolle

Surveillance pipeline par un drone de Delair Tech


Entre l’usage intensif et controversé qu’en font les États-Unis ; les ratés de la mise en œuvre d’une filière française ; et le scandale outre-Rhin où l’Allemagne a acheté cinq exemplaires qui ne peuvent pas prendre les airs en raison des restrictions européennes, les drones sont au cœur de l’actualité. Mais des drones militaires dont l’usage est aux antipodes des drones civils auxquels la 17e Mêlée numérique, qui se tenait hier à Toulouse, consacrait une conférence « Des robots, des drones et des hommes. »
François Baffou, directeur de la technopole bordelaise Technowest, le reconnaît d’ailleurs bien volontiers. « Le drone a une image négative car on ne parle que des drones militaires. On voit le drone comme un engin de terreur. L’image pacifiste est absente », se désolait hier le spécialiste, convaincu que les drones civils peuvent trouver un accueil favorable dans le grand public.

Multiples applications

Car ces petits avions sans pilote à bord et d’un poids inférieur à 250 kg, peuvent intervenir dans une multitude de domaines, et particulièrement l’environnement et la sécurité.
Par exemple en Aquitaine, le Service départemental d’incendie et de secours des Landes utilise des drones pour détecter des incendies de forêt. ERDF utilise également des drones pour contrôler ses lignes à haute tension. Idem pour la SNCF qui peut superviser ses voies. Lors d’événements festifs rassemblant d’immenses foules, police et gendarmerie peuvent faire appel à des drones. Cinéma et télévision utilisent aussi des drones pour obtenir de spectaculaires images, qu’on a pu voir dans Des racines et des ailes, ou le Village préféré des Français.
« Une heure d’hélicoptère revient à 1 000 €. Les drones sont donc une alternative intéressante pour de nombreuses missions et notamment celles que l’on ne faisait plus car trop onéreuses », précise François Baffou, qui observe un décollage du marché civil, notamment grâce à une nouvelle réglementation.
« Avant avril 2012, on était coincé entre les drones militaires et les jouets d’aéromodélisme, alors que le drone est un vrai robot. Maintenant, il a une réelle existence juridique pour les vols à vue comme pour les vols hors vue » se réjouit Benjamin Benharrosh, directeur général de la start-up Delair-Tech, qui s’est vue décerner mercredi le prix spécial Christine Empociello des Trophées de l’économie numérique.

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