Votée en première lecture à l’Assemblée nationale lundi, la proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans a reçu l’aval de Bruxelles. Inspiré par l’exemple australien, le texte ouvre toutefois un chantier technique et politique complexe, entre promesses de protection et limites concrètes de la vérification d’âge. L’Australie fait figure de laboratoire. La France peut légalement instaurer une « majorité numérique » interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. La confirmation est venue de la Commission européenne, au lendemain de l’adoption en première lecture, dans la nuit de lundi à mardi, d’une proposition de loi soutenue par le gouvernement et le chef de l’État. Pour Bruxelles, le principe est clair : les États membres peuvent légiférer, à condition de rester dans le cadre du droit européen. Il reviendra ensuite à la Commission de veiller à ce que les grandes plateformes appliquent effectivement la règle. À Paris, l’exécutif veut avancer...

Samedi dernier, on célébrait le 25e anniversaire d'un jeu culte conçu en 1984 par un jeune russe, Alexei Pajitno : Tetris. Des salles d'arcades aux consoles en passant par les ordinateurs de bureaux dans les entreprises, ce jeu a passionné des millions de joueurs. Aujourd'hui, il permet de mesurer la spectaculaire évolution du jeu vidéo. Le salon international E3 (Electronic entertainment expo) qui vient de s'achever à Los Angeles, démontre combien le jeu vidéo a évolué et est devenu une locomotive des loisirs, en dépit de la crise. « En fin d'année 2008, les ventes de jeux et de consoles, en totalisant un chiffre d'affaire de plus de 50 milliards d'euros au niveau mondial, ont battu des records », observe l'institut Idate. À Los Angeles, les nouveautés n'ont pas manqué. Revue de détail.
Des jeux sans supports. Finis les cartouches, l'avenir est au téléchargement des titres dans des magasins en ligne. La console PSP Go de Sony, qui fait office de tablette internet, fonctionne selon ce système, similaire à l'AppStore d'Apple. La Nintendo DSi s'engage aussi dans cette voie.
La fin des manettes. Nintendo a révolutionné le jeu avec sa console Wii qui comprend les mouvements effectués dans les airs par les manettes. Microsoft veut aller plus loin… en se passant de manettes. Son « project Natal » dote sa console XBox d'une caméra qui analyse les mouvements du corps. Étonnant. Sony est moins audacieux mais peut-être plus efficace : il conserve une manette repérée par la webcam PlayStation Eye pour sa future PS3. Enfin Nintendo le pionnier a réagi en proposant un nouvel accessoire (Wii Fit Plus) pour améliorer la sensibilité de sa manette et un capteur cardiaque, le Wii Vitality Sensor, qui confirme que les jeux ne visent plus seulement le divertissement mais des activités sportives et pédagogiques.
Plus féminins et familiaux
Le salon E3 a certes livré son lot de nouveautés pour les joueurs purs et durs (Street Fighter 4, Dead Rising 2, Lost Planet 2, Assassin's Creed, etc.) mais il a aussi marqué la tendance à l'élargissement vers de nouvelles cibles. C'est que le succès des jeux d'entraînement cérébral enregistré par Nintendo a démontré l'existence d'un nouveau marché pour un public plus familial, plus féminin et friand de jeux moins violents. Le succès des Sims qui débarque en version 3 y compris sur l'iPhone est là pour l'attester. Les jeux intéressent aussi les institutions (comme l'ONU) qui promeuvent des « jeux sérieux » à but pédagogique dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la défense, de la sécurité civile. En France, 30M€ viennent d'être débloqués par le gouvernement pour ces jeux (appel d'offres à la rentrée).