Un rapport du Future of Technology Institute alerte sur la vulnérabilité des États européens face aux fournisseurs cloud américains. Une dépendance que l’économiste Jean Tirole juge également préoccupante pour la démocratie. Selon un rapport publié par le Future of Technology Institute (FOTI), plus des trois quarts des pays européens s’appuient sur des services de cloud américains pour des fonctions liées à leur sécurité nationale. Une dépendance massive qui, au-delà de l’efficacité technologique, pose désormais une question stratégique de premier ordre. L’étude, fondée sur l’analyse de données publiques issues des ministères de la Défense, des médias et des marchés publics européens, identifie 23 pays sur 28 dont les systèmes de sécurité reposent sur des technologies américaines, notamment celles de Microsoft, Google, Amazon ou Oracle. Parmi eux, 16 présentent un risque élevé face à un potentiel « kill switch », un mécanisme qui permettrait à l’administration amér...
Lorsqu’il s’est lancé dans la téléphonie mobile en janvier 2012, Xavier Niel, le PDG d’Iliad, la maison mère de Free mobile, avait clairement affiché ses ambitions : diviser par deux la facture des dépenses télécoms des Français. Deux ans plus tard, force est de constater que le budget consacré par les foyers aux dépenses de télécommunications a effectivement baissé. Notamment grâce aux nouveaux standards tarifaires imposés par Free Mobile à tout le secteur : un forfait avec des communications illimitées et un volume de données internet autour de 20 € et un forfait sans la « data » à moins de 5 €.
« Baisse moyenne de 30 %»
Ce mardi l’association de consommateur UFC-Que Choisir a dévoilé les résultats d’une enquête qui attestent d’une réelle baisse des prix. « L’arrivée d’un quatrième opérateur a permis une baisse moyenne de la facture mensuelle mobile de 30 %. Notre étude met ainsi en évidence qu’en l’espace de deux ans (2012 et 2013), les utilisateurs de services mobiles ont économisé pas moins de 6,83 milliards d’euros » indique l’association, qui se félicite de voir la France être désormais deux fois moins chère que la moyenne européenne alors qu’elle était 25 % plus chère en 2010. L’UFC souligne également que les forfaits « sans engagement » sont en passe de devenir la règle cette année. « Fin 2013, près d’un abonné sur deux (49,3 %) avait une offre sans engagement, soit deux fois plus qu’en janvier 2012. » Ainsi, les consommateurs n’hésitent plus à faire jouer la concurrence et à changer d’opérateurs : les demandes de portabilité de numéros entre deux opérateurs ont triplé en deux ans. « La France est désormais un pays où il fait enfin bon téléphoner » se félicite l’UFC, qui défend avec force le modèle à quatre opérateurs, à l’heure où certains – le ministre de l’Économie Arnaud Montebourg en tête – souhaitent un retour du marché à trois pour préserver les emplois.
Rappelant que « l’emploi dans le secteur a progressé depuis 2012 », l’UFC n’élude toutefois pas un tel scénario et demande aux autorités de régulation (Autorité de la Concurrence et ARCEP), de se prononcer sur la restructuration en cours afin de préserver « une intensité concurrentielle au service des consommateurs ». Elle propose d’ores et déjà de faire baisser dans les plus brefs délais les tarifs de gros appliqués par les quatre opérateurs aux MVNO (les opérateurs virtuels comme NRJ, Virgin, etc.).
Après le rachat de SFR, un retour à 3 ?Après le rachat de SFR par Numéricable, Bouygues telecom se trouve dans une situation particulièrement précaire. « La fragilité de Bouygues telecom ne garantit pas – et les tractations actuelles le confirment – son maintien sur le marché à moyen terme », estime l’UFC-Que Choisir. De fait, une rumeur lancinante laisse entendre que Bouygues pourrait se faire racheter par son concurrent Free Mobile, comme cela aurait pu se faire si Vivendi avait choisi de vendre SFR à Bouygues, ce dernier revendant dans la foulée son réseau clé en main à Free.
Ce retour à trois opérateurs (Orange, SFR-Numéricable et Free-Bouygues), inquiète vivement l’UFC, qui n’en veut pas, craignant qu’il arrive en France ce qui s’est passé en Autriche lorsque ce pays est passé de 4 à 3 opérateurs : une hausse des prix de 10 % !
En attendant, la France dispose bel et bien de quatre opérateurs et pourrait connaître des changements. Patrick Drahi, le PDG d’Altice, propriétaire de Numéricable et SFR, devrait dévoiler d’ici la fin de l’année de nouvelles offres.
