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Blanchiment d’argent et cryptomonnaie : l’illusion de la transparence de la blockchain

Une adresse publique sur la blockchain se crée en quelques secondes, sans pièce d’identité, avec une clé privée connue uniquement du propriétaire des cryptoactifs. Max Acronym/Shutterstock Par  Jean-Marc Figuet , Université de Bordeaux Une affirmation revient souvent : les criminels du monde entier utilisent les cryptomonnaies pour blanchir l’argent, en toute impunité. En effet, s’il est facile de tracer les échanges financiers via les blockchains, impossible d’identifier les personnes sans la coopération des acteurs comme Binance, Tether ou les prestataires de paiements. Car sur la blockchain, on peut tout voir sans savoir qui agit. La promesse des blockchains publiques, comme Bitcoin ou Ethereum, est aussi simple qu’audacieuse : chaque transaction y est enregistrée, horodatée et visible par tous. À première vue, c’est un avantage décisif pour les enquêteurs financiers. À première vue seulement, car ...

L’IA prend-elle la place des artistes ou redéfinit-elle simplement ce qu’est la création artistique ?

 

IA

Par Céline Delaugère, fondatrice de My Data Machine

Aujourd’hui, l’intelligence artificielle s'immisce dans les domaines de l’art et de la création. Longtemps perçue comme un outil purement technique, elle devient peu à peu un acteur à part entière du processus artistique. Que ce soit dans la mode, la musique, le cinéma ou encore l’art visuel, l’IA ne se contente plus de faire. Aujourd’hui elle propose, elle inspire et surtout elle interroge.

La mode au coeur des transformations technologiques

L’un des domaines artistiques les plus touchés par ces évolutions est la mode. Les visages générés par IA, les vêtements conçus numériquement et les prototypes créés sans impact carbone sont des innovations bien réelles. Ces technologies, d’une part, permettent un gain de temps important, une réduction des coûts et une nouvelle liberté créative. Des innovations telles que qu’un support numérique pour tester des prototypes, réitérer sur le même support, sans jeter, ni surconsommer, c’est une révolution pour les designers. Ils peuvent explorer des esthétiques inédits sans limites, ni contraintes classiques. L’IA ne remplace pas l'humain mais elle diminue les tâches répétitives pour laisser plus de place à la création.

L’IA bouscule les codes sociétaux

Mais cette transformation ne pose pas la seule question de l’efficacité. L’Ia pousse l’art à se repenser. Elle interroge les normes, les représentations publiques, les critères de beauté. Aujourd’hui, des artistes créent des portraits générés par IA qui viennent troubler notre perception du réel. A travers des visages parfaits mais bien fictifs, les algorithmes révèlent l’artificialité et le manque de réalisme des standards de beauté actuels. En mêlant codage et émotions, mathématiques et ressentis, l’IA devient une expression artistique à elle seule.

Ce que cette société vit n'est pas une simple évolution technologique, c’est une transformation culturelle. L’IA ne se contente plus de produire ce qu’on lui dicte. Aujourd’hui, elle fait sens. Elle ouvre des brèches dans nos imaginaires et met en lumière les exclusions invisibles. L’IA est aujourd'hui un enjeu de société. Elle doit être capable d’être à la fois éthique et esthétique en prenant compte de la singularité et l’exception de chacun.

L’IA transforme l’art à condition de savoir l’encadrer

Il est tout de même évident de nuancer ces propos. Ce changement n’est pas sans risques. L’accès à l’intelligence artificielle a un coût. Si nous ne faisons pas attention, l’IA pourrait renforcer les inégalités, notamment dans l’accès à la connaissance, aux soins et à la création. Il est donc important de réfléchir à une IA responsable, inclusive et capable d’amplifier la créativité et la diversité.

L’IA : pas une remplaçante, mais un levier pour réinventer la création

Car finalement, la question n’est pas de savoir si l’IA va remplacer les artistes, elle ne le peut pas. Les freins à L’IA pour nous remplacer sont tout ce qu’elle n’a pas d’humain : l'intuition, le doute, le désir… Mais, cette nouvelle technologie peut devenir un grand levier et un terrain d’exploration créatif infini. L’IA n’automatise pas l’inventivité, elle la pousse pour aller plus loin.

Dans cette union entre données et émotions, entre machine et imagination humaine, il y a l’annonce d’un nouvel art. Ce nouvel art qui ne craint pas la technologie mais qui, au contraire, l’utilise pour se réinventer. Un art ou l’IA devient un outil artistique, ou le calcul mathématique devient une intuition et le virtuel devient émotion.

L’IA n’a pas d’intuition, pas de désir, et pourtant, elle ouvre de nouvelles voies à la création humaine. Ce changement représente peut-être le début d’une nouvelle ère. À nous de se l'approprier et d’en faire un art.

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