En 2025, le marché des lunettes connectées explose : Meta, Apple, Google et d’autres multiplient les annonces pour faire de ces accessoires high-tech la nouvelle interface du quotidien, alors que les ventes de smartphones plafonnent.
Après avoir saturé le marché du smartphone – qui plafonne faute de nouveautés réellement significatives qui pousseraient les utilisateurs à changer leur mobile –– les géants du numérique misent désormais sur… nos yeux. Meta, Apple, Google, Samsung et d’autres redoublent d’efforts pour transformer les lunettes connectées en produit grand public, avec l’ambition d’en faire l’interface quotidienne entre le monde réel et le numérique.
Le mouvement s’est accéléré cette année. Meta (maison mère de Facebook), déjà leader avec ses Ray-Ban Meta, a dévoilé les Ray-Ban Display, des lunettes dotées d’un écran couleur intégré. Plus épaisses que le modèle classique mais toujours légères (69 g), elles affichent discrètement des notifications ou des contenus AR (réalité augmentée). L’autonomie atteint six heures, extensible à 30 heures via un étui de recharge. Les verres Transitions compatibles avec une correction optique, l’intégration audio et la capture photo et vidéo confirment l’objectif de Meta : faire des lunettes une extension naturelle du smartphone.
Un marché en hausse de 110 % à 250 %
Cette offensive s’inscrit dans un marché en plein boom. Selon Counterpoint, les livraisons mondiales de lunettes intelligentes ont bondi de 110 % au premier semestre de cette année. Meta occupe 73 % du marché, loin devant Xiaomi, TCL-RayNeo ou Thunderobot. Surtout, le segment des lunettes dopées à l’intelligence artificielle (IA) – et donc capables de reconnaître des objets, traduire à la volée une conversation ou répondre par assistant vocal – a progressé de plus de 250 % en un an ! Les Ray-Ban Meta AI Glasses y jouent un rôle moteur, grâce à Luxottica qui assure la production et la distribution à grande échelle.
Face à Meta, la concurrence prépare la riposte. Apple planche sur une version plus abordable de son Vision Pro, cette fois sous forme de lunettes, pour démocratiser l’AR. Google, qui avait essuyé un revers il y a quelques années avec ses Glass, revient avec Android XR et l’intégration de Gemini, son IA maison. Samsung a prévu son lancement Galaxy pour 2025, tandis qu’Amazon teste en interne « Jayhawk », un prototype équipé de micros, d’un haut-parleur et d’un écran couleur monoculaire. S’y ajoutent des acteurs spécialisés comme Vuzix, Lenovo ou Microsoft avec HoloLens.
Des fonctionnalités nombreuses et diversifiées
Les fonctions de ces lunettes connectées son nombreuses et se diversifient : affichage de navigation ou d’informations contextuelles, contrôle domotique, transcription et traduction en direct, réseaux sociaux, musique ou encore affichage des directions du GPS. Les modèles haut de gamme visent la réalité augmentée immersive et la productivité professionnelle, quand l’entrée de gamme (80 à 120 €) se limite à l’audio et aux notifications. Les lunettes sportives Oakley Meta Vanguard, ou les Snap Spectacles pour les créateurs de contenus, illustrent aussi une segmentation de ce marché naissant.
Cette dynamique rappelle celle du smartphone il y a quinze ans : miniaturisation, design plus fin, montée en puissance logicielle, apparition de modèles abordables, segmentation par usage (pro, social, gaming, santé).
Mais des freins persistent à commencer par des prix élevés (souvent 500 € à 1 000 €), une autonomie encore limitée en usage intensif, le besoin d’inventer de vrais cas d’usage quotidiens, et l’adaptation aux verres correcteurs.
Mais pour les industriels, les lunettes connectées sont un nouveau relais de croissance face aux ventes de smartphones qui stagnent. Reste à voir si le grand public suivra et acceptera ces lunettes qui peuvent être perçues comme trop intrusives – pour soi et les autres.
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