Du 8 au 27 février, le Commandement de l’espace organise à Toulouse la sixième édition de son exercice annuel. Rebaptisé SparteX, l’ex-AsterX s’inscrit désormais pleinement dans la préparation opérationnelle interarmées de haute intensité, au cœur d’ORION 26.
Depuis hier et jusqu’au 27 février, la base aérienne 101 « Général Robert Aubinière », à Toulouse, accueille la sixième édition de l’exercice spatial militaire français organisé par le Commandement de l’espace. Connu jusqu’alors sous le nom d’AsterX, l’exercice devient SparteX, pour Space Readiness and Training eXercice, marquant une évolution à la fois symbolique et opérationnelle de l’entraînement spatial des armées françaises.
Créé en 2021, cet exercice, qui demeure unique en Europe, vise à entraîner et certifier les unités du Commandement de l’espace aux opérations spatiales militaires, dans un contexte de menaces croissantes et de contestation accrue du milieu spatial – on a vu récemment deux satellites russes soupçonnés d’espionnage sur des satellites européens.
Intégré à Orion 26
Pour cette édition 2026, SparteX franchit un cap supplémentaire en étant intégré à l’exercice interarmées de haute intensité ORION 26, qui mobilise de manière coordonnée l’ensemble des milieux et champs de conflictualité.
Environ 200 participants, militaires et civils, français et étrangers, sont engagés dans cet entraînement. Outre les unités du Commandement de l’espace, l’exercice associe l’armée de Terre, la Marine nationale, le Commandement cyber, la Direction du renseignement militaire et le Commissariat au numérique de défense. L’objectif est d’inscrire pleinement l’espace dans le cycle opérationnel interarmées, en testant l’interopérabilité entre la structure de commandement et de conduite des opérations spatiales et les autres chaînes de commandement engagées.
SparteX 2026 se distingue également par l’intégration approfondie de partenaires civils institutionnels, parmi lesquels le Centre national d’études spatiales (Cnes), l’ONERA et le Centre d’excellence spatial de l’OTAN, ainsi que de plusieurs acteurs industriels du secteur spatial et de la défense. Cette ouverture vise à renforcer la planification et la conduite des opérations spatiales militaires, tout en développant les synergies civiles et le soutien commercial aux opérations.
12 nations participent
Sur le plan international, douze nations partenaires participent à l’exercice, dont l’Allemagne, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon ou encore l’Australie. Cette dimension multinationale répond à un double objectif : renforcer la coopération et éprouver l’interopérabilité dans un domaine où la coordination alliée est devenue déterminante. L’entraînement repose sur un scénario géopolitique fictif, inspiré de menaces spatiales actuelles et futures. L’environnement simulé comprend près de 4 000 objets spatiaux, 29 capteurs de surveillance et de pistage, ainsi que 28 événements spatiaux confrontant les participants à dix types de menaces couvrant l’ensemble du spectre de la guerre spatiale. Un plateau technique complet, combinant outils civils et militaires, permet de restituer la complexité du réel.
À travers SparteX, les armées françaises cherchent ainsi à délivrer des effets dans, vers et depuis l’espace, au profit des opérations, tout en évaluant la résilience de leurs capacités spatiales.
