Innovation IT Day : La France doit travailler son attractivité pour Daniel Benchimol


Daniel Benchimol, président de Digital Place, organisateur du 3e Innovation IT Day qui se tient au centre de congrès Diagora Labège, près de Toulouse, ce jeudi 9 juin, explique sa vision de l'innovation.

Avec cette 3e édition de l'Innovation IT Day, on voit un vrai salon. Cette montée en puissance est-elle une satisfaction pour vous ?
Oui c'est une satisfaction parce que, par définition, il y a beaucoup de salons. L'utilité et la légitimité d'un salon se font par son succès, qui est fait par des indicateurs de présence, d'inscriptions, de partenariats, etc. Là, on a à peu près 1000 inscrits dans un  salon régional, contre 700 l'an passé. C'est effectivement une performance. ON a aussi des partenaires industriels encore plus présents et toute une activité de présentations, de work-shop, d'ingénieurs et de labos de recherche.

Justement, c'est la spécificité du salon de mettre ensemble des laboratoires, des PME innovantes, des start-ups, des grands comptes pour leur permettre de bâtir des passerelles ?
Oui, c'est le fil conducteur. Là on a des innovations très technologiques qui sont dans le lab des entreprises, ou dans les labos de recherches. L'idée est que les gens se parlent et se rencontrent et que de là naissent éventuellement des mises sur le marché, du business, etc.

Le big data, l'internet des objets, la  cybersécurité, l'e-santé sont au programme de l'Innovation  IT Day 2016. Ce sont vraiment les thèmes qui vont structurer l’innovation des mois en années à venir ?
C'est la difficulté qu'on a aujourd’hui pour aborder le numérique : tout est dans tout. Si on résume tout cela, le vrai sujet aujourd'hui est la gestion des données. A partir de là, on s'intéresse au big data, aux données de la santé, à leur sécurité. On peut parler du smart city qui se construit autour des données qu'on peut collecter pour améliore un certain nombre de choses, etc.
Tout aujourd'hui est interdépendant et tous les usages aujourd'hui constituent un vrai bouleversement, à tel pont que tous les grands industriels vivent dans la paranoïa de l'ubérisation de leur business model.
Ils ont tous une crainte folle que demain, ils n'existent plus parce qu'il y a une nouvelle entreprise qu'on a vu venir de nulle part et qui crée un business model qui change tout. Comme on peut le voir, par exemple, dans l'automobile. Avant, l'automobile se construisait avec un moteur, maintenant, c'est avec un système d'exploitation.

On par le beaucoup de la French Tech. Quel regard portez-vous sur cette innovation à la française dont on parle beaucoup et que met en avant votre parrain cette année, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron ?
Je ne suis pas persuadé qu'il y ait une image d'innovation à la française à proprement parler. Il y a de l'innovation dans beaucoup de pays parce que c'est le relais de croissance de l'économie de demain. Il y a un bouleversement et on n'est qu'au début. Je ne suis pas persuadé que la France soit le pays le plus attractif. Si on prend les études de McKinsey, la première ville française en attractivité est Paris, mais elle n''est qu'à la 11e position, après la Californie, New York, Boston, Berlin, Londres, Tel Aviv, etc. Il va falloir que l'on travaille notre attractivité c'est-à-dire faire que tous les écosystèmes deviennent attractifs.

Comment faire ?
L'attractivité c'est donner des conditions favorables à ce que des idées deviennent des projets, que ces projets deviennent des entreprises et que ces entreprises deviennent des champions mondiaux. C'est une recette avec beaucoup d'ingrédients :  la formation ; l'innovation (les labos) ; le financement de l'innovation et de la création d'entreprises ; les sponsors et les collectivités pour aider à ce qu'une idée passe d'un preuve de concept à une vraie valorisation ; et enfin de coachs internationaux pour pouvoir porter des entreprises sur un marché qui dans le numérique est très international.

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