La voix, interface utilisateur du futur ?

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La gamme d'enceintes connectées Echo d'Amazon



Avis d'expert de reichelt elektronik

Qu'il s'agisse d'Amazon, de Google, d'Apple ou de Microsoft, les grands noms de la tech cherchent tous à dominer le marché des assistants vocaux. La croissance annuelle des ventes d'enceintes connectées confirme l'appétence des consommateurs pour cette nouvelle technologie, dont certains prédisent déjà qu'elle finira par supplanter toutes les autres interfaces utilisateur. Il reste pourtant aux acteurs du secteur des défis majeurs à surmonter pour faire de la commande vocale l'interface de choix pour les utilisateurs. reichelt elektronik, l'un des plus grands distributeurs en ligne d'électronique et de technologie informatique en Europe, fait le point.

Défi n°1 : Surmonter les stéréotypes sexistes de la technologie


Alexa, Siri, Cortana – les assistants vocaux parmi les plus connus et les plus populaires sont tous dotés de voix féminines et considérés comme des femmes, dans le rôle d'assistantes patientes et dociles, qui obéissent au doigt et à l'œil des donneurs d'ordre. Selon l'Unesco, cette situation est préoccupante car elle contribue à véhiculer et à renforcer les stéréotypes sexistes. Dans un rapport publié cette année, l'Unesco s'inquiète notamment de la manière dont les assistants vocaux sont programmés pour répondre avec indulgence à la violence verbale ou même flirter en réponse aux commentaires à caractère sexuel.
L'IA qui équipe les assistants vocaux étant inévitablement influencée par les données dont elle apprend, elle hérite directement des préjugés, stéréotypes et des attitudes discriminatoires humaines. L'enjeu, pour les fabricants, est donc de parvenir à éliminer les préjugés sexistes de leurs systèmes afin d'offrir une expérience satisfaisante à tous les utilisateurs, indépendamment de leur sexe.

Défi n°2 : Utilisation de la commande vocale dans les lieux publics


La technologie de commande vocale fait face à une autre difficulté relativement peu abordée : celle de son utilisation dans les espaces publics, comme les trains ou les restaurants. Dans de tels scénarios, le premier problème qui se pose est évidemment celui de la confidentialité des informations qui, si elles sont dictées par la voix, seront de facto partagées à toute personne se trouvant à proximité.
Mais la perspective d'une utilisation en public pose aussi la question des nuisances sonores. Si au lieu de swiper, de cliquer et de taper sur leur clavier, les utilisateurs se mettaient tous à utiliser la commande vocale dans un wagon ou une salle de restaurant, les niveaux sonores deviendraient très vite excessifs. Difficile donc, dans un tel contexte, d'imaginer que la commande vocale pourrait venir remplacer les autres interfaces auxquelles nous sommes habitués.

Défi n°3 : Vers 100% de reconnaissance vocale


Si la technologie a fait des avancées considérables ces dernières années en matière de reconnaissance de la parole et que les fabricants travaillent d'arrache-pied pour la perfectionner, les assistants vocaux ne sont pas encore en mesure de comprendre la totalité des requêtes qui leur sont adressées. Et l'exercice s'avère encore plus délicat lorsque les assistants se retrouvent confrontés à un accent régional ou à certains dialectes.  Pour l'heure, l'utilisation réussie de la commande vocale requiert donc encore des efforts de la part des utilisateurs (répétition d'un énoncé, reformulation, ralentissement du débit de parole, adaptation du volume sonore). Mais, selon une récente étude reichelt elektronik / OnePoll, 32 % des Français affirment n'être pas convaincus que leurs requêtes seront comprises correctement.

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