La ville numérique se dessine


Quel est l'impact des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans l'activité des villes ? Contribuent-elles à leur développement ? Quels usages nouveaux induisent-elles ?

C'est pour répondre à toutes ces questions que "La Mêlée numérique", "Petit Deviendra Grand" et SFR, avec le soutien de la mairie de Toulouse et de la Caisse des Dépôts, ont invité ce vendredi à Toulouse Daniel Kaplan, délégué de la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING) pour évoquer la Ville 2.0, en référence au web 2.0.

La montée en puissance de la cartographie

La ville et le numérique ? Voilà bien deux sujets qui semblent aux antipodes. Une ville n'étant pas par essence numérique. Et pourtant... "L'un des phénomènes majeurs est la montée en puissance de la carte. Elle ne sert plus seulement à se repérer mais à y projeter des informations", explique l'expert. Un engouement notamment permis par Google et son service GoogleMaps. La possibilité d'utiliser les fonds de carte de Google et de les combiner avec d'autres données (ce que l'on appelle le mashup) donne lieu d'une part à des cartes personnalisées (avec les restaurants que l'on préfère, des photos des lieux, la position de tel ou tel membre d'une communauté, etc.) et d'autres part à de nombreuses applications, comme celles réalisées par des utilisateurs des Vélib' parisiens qui voulaient savoir si des vélos ou des places étaient disponibles sur telle ou telle station.

"Aujourd'hui, la ville se dessine, s'organise, se contrôle numériquement. En collectant des données, on pense des aménagements qui ne pouvaient pas se penser en travaillant avec une planche et un crayon", explique Daniel Kaplan.

Des projets innovants reliant monde virtuel et réel

Mais si la population s'est appropriée les outils du web 2.0, et notamment les applications cartographiques, les cités en ont-elles fait autant ? "Tous les élus ne n'ont pas vu ce phénomène", concède Daniel Kaplan. D'où le travail pédagogique et d'éveil remarquable effectué par la FING et ses partenaires pour imaginer les passerelles entre le monde cybernétique du web 2.0 et le monde bien réel de la ville.

Aux points de jonction de ces deux mondes, de nombreux projets innovants sont conçus par des collectivités, des entreprises, des opérateurs, des citoyens. Comme le City wall. Ce mur électronique est en fait un écran tactile multipoint interactif qui constitue un média urbain et un nouveau mode de création.

Autre projet innovant, le City scan, qui consiste en la collecte d'un maximum de données possibles de la ville. Capteurs de pollution, de bruit, de trafic routier, de caméras de vidéosurveillance, etc. sont rassemblés pour donner des applications cartographiques à forte valeurs ajoutées.

Un autre projet, que porte avec beaucoup de force la FING, est celui intitulé City pulse, qui consiste en une montre un peu spéciale. Il s'agit de "multiplier par 1000 le nombre de capteurs environnementaux dans la ville et, en faisant participer les citoyens à la mesure environnementale, les associer d'une manière directe à la construction d'une ville durable", explique Daniel Kaplan. Cette montre en cours de conception est ainsi dotée de capteur de pollution et de bruit, d'un GPS et d'une carte SIM.

La multiplication des réseaux de télécommunication, la démocratisation - certes encore bien insuffisante - de l'accès à internet et des appareils le permettant, le dynamisme du web 2.0, la prise de conscience progressive des élus font que le concept de Ville 2.0 est peu à peu en train de prendre corps. Reste que sa mise en place devra s'accompagner d'un long travail d'explication et de concertation car les enjeux ne sont pas qu'urbanistiques ou techniques ; ils posent aussi de nombreuses questions éthiques relatives à la protection de la vie privée, aux règles qu'il convient de fixer pour limiter les abus, etc. La Ville 2.0 sera aussi celle que feront les citoyens.

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