Les ambitions du géant Amazon dans le sport

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Avec un chiffre d’affaires qui s’est établi à 113 milliards de dollars, en hausse de 27 % en un an, et un bénéfice net à 7,8 milliards, c’est peu dire qu’Amazon, le géant du net dispose de fonds colossaux pour conforter son développement. Si le cybercommerce est la plus connue de ses activités, la société de Jeff Bezos est incontournable sur le stockage des données avec Amazon Web Service (AWS) mais aussi sur la vidéo à la demande avec son service Prime Video, concurrent de Netflix. Pour nourrir cette plateforme qui a été utilisée par 175 millions d’abonnés au service Prime, Amazon investit de plus en plus dans le sport et notamment le football. En décembre 2019, Amazon a ainsi diffusé deux journées de Premier League au Royaume-Uni, pour un total de 20 rencontres. Le géant américain a également acquis des lots dans la Ligue des champions en Allemagne et en Italie, pour la période 2021-2024.

Thierry Henry en tête d’affiche et une kyrielle de consultants

À la surprise générale, Amazon est également devenu le diffuseur de matchs du tournoi de tennis de Roland-Garros et ce jusqu’en 2023.

Mercredi, Amazon a dévoilé le dispositif qu’il entend mettre en œuvre en France pour la diffusion de la Ligue 1. "La tête d’affiche de la diffusion de la Ligue 1 sur Prime Video sera Thierry Henry, vainqueur de la Coupe du monde et de l’Euro et meilleur buteur de l’équipe de France et de l’histoire d’Arsenal. Prime Video proposera également un plateau de consultants constitué d’anciennes stars et coachs du championnat, avec notamment : Mathieu Bodmer, Ludovic Giuly, Corine Petit, Benoît Cheyrou, Edouard Cissé, Vitorino Hilton, Benjamin Nivet, Pascal Dupraz ou Dominique Arribagé. Ils proposeront leurs avis d’expert et donneront les clés d’analyse de tous les matchs diffusés sur Prime Video tout au long de la saison", a expliqué Amazon dans un communiqué. 

"Karim Bennani présentera le nouveau Multiplex Ligue 1, diffusé chaque dimanche à 15 heures. L’équipe de présentateurs sera complétée par Lesly Boitrelle, Saber Desfarges, Laurie Samama et Benoît Daniel. Prime Video annonce également plusieurs nouveaux commentateurs aujourd’hui avec Frédéric Verdier, Alban Lepoivre, Christophe Bureau, Luigi Colange, Alexis Grasso et Julien Ielsch tandis que David Astorga, Virginie Sainsily, David Aïello et Tiffany Henne seront journalistes en bord de terrain", a poursuivi Amazon, qui va introduire une nouvelle fonctionnalité baptisée Stadium FX. Celle-ci permet de désactiver les commentaires et de profiter de l’ambiance du stade avec le retour du public en tribune cette saison.

La menace des géants du numérique

"Nous sommes ravis d’avoir bâti cette équipe exceptionnelle de consultants et d’experts du football français. Ce n’est que le début pour nous et nous allons chercher à innover tout au long de la saison, avec comme principal objectif de satisfaire les fans de football", a déclaré Alex Green, directeur général de Prime Video Sport pour l’Europe.

L’appétit des géants du web (les fameux GAafam) ou des pure players inquiète. "Les géants du numérique et certains pure players comme Dazn n’ont pas les mêmes modèles et santé économiques que les acteurs traditionnels de télévision. Leur stratégie est globale et ils alimentent davantage l’inflation des droits sportifs qu’ils n’en souffrent. 

Leur capacité financière inquiète les éditeurs, qui craignent de ne pas pouvoir se battre à armes égales dans le cas où ces plateformes investiraient massivement dans les contenus sportifs", observait une étude conjointe menée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi) sur la diffusion du sport sur internet. "Sur le marché des droits sportifs, les achats se font pour le moment très majoritairement par territoire. 

Ces plateformes internationales n’ont pas encore négocié d’achats au niveau continental ou mondial, mais leur puissance économique leur permettrait éventuellement de se positionner sur plusieurs territoires pour une même compétition", poursuit l’étude publiée en mars 2020.