L’intelligence artificielle révolutionne les tâches domestiques. Au CES de Las Vegas, des robots humanoïdes et systèmes de nettoyage autonomes promettent de transformer nos foyers. Mais l’adoption reste freinée par des coûts élevés et des standards d’interopérabilité.
Et si les corvées domestiques ne devenaient qu’un lointain souvenir ? En finir avec le lavage des sols, du linge, des vitres est le credo de plusieurs sociétés qui vont présenter leurs innovations lors du CES de Las Vegas. Le plus grand salon de l’électronique grand public, qui se tient du 6 au 9 janvier, va montrer que l’intelligence artificielle ne se contente plus d’optimiser des interfaces ou des écrans mais s’incarne désormais dans des machines capables d’agir physiquement dans les foyers.
Sous l’étiquette de "Zero Labor Home", les industriels de la robotique et de l’électroménager exposent leur vision de la maison de demain : déléguer aux machines l’essentiel des corvées domestiques.
Spectaculaires robots humanoïdes
La vitrine la plus spectaculaire sera celle des robots humanoïdes. Le sud-coréen LG Electronics va présenter ainsi CLOiD, un assistant domestique doté de deux bras articulés et de mains à cinq doigts, capable de manipuler des objets, gérer le linge ou interagir vocalement avec les occupants.
Même logique chez 1X Technologies, avec NEO, un humanoïde conçu pour plier le linge ou ranger la vaisselle, quitte à basculer en télé-opération humaine pour les tâches trop complexes – ce qui est encore souvent le cas actuellement pour ce concept.
Unitree Robotics met, de son côté, l’accent sur la mobilité et l’équilibre en environnement domestique, préalable indispensable à toute automatisation crédible du quotidien.
Nettoyage : vers l’autonomie totale
Plus mûr technologiquement, le segment du nettoyage illustre une autre tendance : l’autonomie totale. L’aspirateur robot n’est ainsi plus un simple appareil mobile, mais un système intégré à l’habitat. LG va dévoiler un modèle avec station installée sous l’évier, capable de gérer seul l’alimentation en eau, la vidange, le lavage et le séchage de la serpillière à la vapeur.
Samsung Electronics pousse plus loin l’intelligence embarquée : son Bespoke AI Jet Bot Steam Ultra identifie obstacles et liquides renversés pour adapter son nettoyage en temps réel. Chez Ecovacs Robotics, la promesse est celle d’un fonctionnement continu sans consommables, piloté par un agent IA apprenant les routines domestiques.
La cuisine et le soin du linge suivent la même trajectoire. Les réfrigérateurs connectés de Samsung s’appuient sur l’IA conversationnelle et la reconnaissance visuelle pour suggérer des recettes ou anticiper les courses, tandis que LG automatise la cuisson et la gestion thermique. Les lave-linge et sèche-linge, eux, ajustent désormais cycles et doses de détergent en fonction des textiles détectés, réduisant l’intervention humaine à sa plus simple expression.
Derrière ces démonstrations, le CES met aussi en lumière un enjeu structurel : l’interopérabilité. Le standard Matter ambitionne de faire dialoguer appareils et robots de marques différentes, condition indispensable à une maison réellement automatisée. Mais son adoption reste progressive et inégale, freinant la promesse d’un écosystème vraiment fluide.
Un marché de près de 12 milliards de dollars d’ici 2032
Le potentiel économique, en tout cas, est bien réel. Le marché des robots ménagers dépassait 10 milliards de dollars en 2023 et affiche des taux de croissance annuels à deux chiffres à l’horizon 2030. Il devrait atteindre 11,98 milliards de dollars d’ici 2032, avec un taux de croissance annuel composé de 13,25 % entre 2025 et 2032, selon une étude de Future Market Report. Les robots de nettoyage concentrent près de la moitié du marché, portés par l’essor de la maison connectée et par des modes de vie toujours plus contraints en temps.
Reste un obstacle majeur : le prix. Humanoïdes polyvalents et systèmes intégrés demeurent coûteux, réservant pour l’instant la "maison sans corvée" à une clientèle aisée ou à des usages pilotes.
