Entre montée en puissance des usages digitaux, explosion de la vidéo à la demande et fragmentation des écrans, l’étude annuelle publiée par Médiamétrie dresse le portrait d’un paysage vidéo profondément transformé. Si les Français consomment toujours davantage de contenus, la télévision reste, en 2025, le premier point de contact quotidien.
En 2025, les Français ont consacré en moyenne 4 h 14 par jour au visionnage de contenus vidéo. Un niveau élevé, révélateur d’un marché arrivé à maturité, mais surtout d’un univers en recomposition permanente. Télévision, plateformes de SVoD, vidéo en ligne et écrans connectés s’entremêlent désormais dans les usages quotidiens, sans pour autant remettre en cause la place centrale du média télévisuel.
La télévision en position de force
Dans ce contexte de convergence accrue des acteurs et de multiplication des offres, la télévision demeure le premier contact vidéo quotidien. Elle capte encore 61 % du temps vidéo journalier des Français lorsqu’on additionne le direct, le différé personnel et l’enregistrement. Une domination qui s’inscrit toutefois dans un environnement plus ouvert, marqué par l’essor des usages digitaux et de la consommation délinéarisée.
La dynamique est d’abord portée par l’équipement des foyers. En 2025, 94 % des ménages sont dotés d’un smartphone et 72 % d’une télévision connectée, des niveaux en progression continue par rapport à 2023. Cette diffusion massive des écrans connectés favorise une hybridation des pratiques : 16 % des Français regardent désormais chaque jour un programme télévisé sur un écran digital à domicile, tandis que 10 % des abonnés à un service de vidéo à la demande consomment leurs contenus de SVoD sur écran digital, quel que soit le lieu.
L’essor des abonnements aux plateformes de vidéo
Cette évolution accompagne la montée en puissance des offres payantes. Six foyers sur dix sont aujourd’hui abonnés à au moins un service de SVoD ou à des chaînes payantes, soit une hausse de huit points par rapport à 2021. L’abondance des catalogues joue un rôle clé : en trois ans, l’offre de contenus des plateformes de SVoD a progressé de 31 %, tandis que celle des plateformes de rattrapage des chaînes de télévision a doublé en un an.
La vidéo "à la carte" s’impose ainsi comme un pilier des usages. En 2025, elle représente 39 % du temps vidéo quotidien, contre 36 % un an plus tôt. La progression est particulièrement marquée chez les 35-49 ans et les plus de 50 ans, segments où cette pratique connaît une accélération notable. La fiction en constitue le moteur principal : elle représente l’écrasante majorité des titres les plus consommés en SVoD et domine largement les usages en preview et en replay.
Le sport fédère les publics
Dans cet univers fragmenté, certains contenus conservent une capacité intacte à fédérer. Le sport reste un rendez-vous majeur, aussi bien à la télévision que sur les plateformes. La finale de la Ligue des champions opposant le PSG à l’Inter Milan, diffusée sur M6 et Canal +, s’est imposée comme la meilleure audience de l’année avec 11,8 millions de téléspectateurs. L’année 2025 confirme également l’attractivité du sport féminin, suivi par près de 49 millions de Français au moins une fois sur l’ensemble des compétitions estivales.
Enfin, les thématiques sociétales s’installent durablement au cœur des consommations vidéo. Information, actualité politique, violences faites aux femmes ou santé mentale trouvent un large écho, aussi bien dans les audiences que dans les offres éditoriales. Sur les plateformes internationales, des séries comme Adolescence sur Netflix illustrent cette capacité des contenus vidéo à dépasser le seul divertissement pour s’inscrire dans le débat public.