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La France peut interdire les réseaux aux moins de 15 ans selon Bruxelles

  Votée en première lecture à l’Assemblée nationale lundi, la proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans a reçu l’aval de Bruxelles. Inspiré par l’exemple australien, le texte ouvre toutefois un chantier technique et politique complexe, entre promesses de protection et limites concrètes de la vérification d’âge. L’Australie fait figure de laboratoire. La France peut légalement instaurer une « majorité numérique » interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. La confirmation est venue de la Commission européenne, au lendemain de l’adoption en première lecture, dans la nuit de lundi à mardi, d’une proposition de loi soutenue par le gouvernement et le chef de l’État. Pour Bruxelles, le principe est clair : les États membres peuvent légiférer, à condition de rester dans le cadre du droit européen. Il reviendra ensuite à la Commission de veiller à ce que les grandes plateformes appliquent effectivement la règle. À Paris, l’exécutif veut avancer...

L’État généralise "Visio", sa solution souveraine de visioconférence pour l’administration

 

visio

Face à sa dépendance aux outils de visioconférence des Gafam, l’État engage la généralisation de "Visio", solution souveraine de visioconférence développée par la direction interministérielle du numérique, à l’ensemble des services de l’État d’ici 2027.

Dans un contexte de tensions géopolitiques et de dépendance de l’administration française aux solutions numériques extra-européennes et notamment américaines – les logiciels et services des Gafam –, l’État accélère sur la souveraineté. David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, a annoncé ce lundi la généralisation de "Visio", outil de visioconférence développé par la direction interministérielle du numérique, à l’ensemble des services de l’État d’ici 2027.

Cette annonce a été faite lors d’un déplacement au laboratoire I2BC du Centre national de la recherche scientifique à Gif-sur-Yvette, en présence de Stéphanie Schaer, directrice interministérielle du numérique, et d’Alain Schuhl, directeur général délégué à la science du CNRS. Le ministre y a détaillé la stratégie visant à faire de "Visio" l’outil unique de visioconférence des agents publics.

Une solution unifiée, maîtrisée par l’État et fondée sur des technologies françaises

Aujourd’hui, de nombreuses administrations utilisent des solutions hétérogènes telles que Teams, Zoom, Webex ou GoTo Meeting. Cette dispersion fragilise la sécurité des données, crée des dépendances stratégiques vis-à-vis d’acteurs non européens, génère des coûts récurrents et complique les coopérations interministérielles. La généralisation d’une solution unifiée, maîtrisée par l’État et fondée sur des technologies françaises, est présentée comme un levier central de résilience numérique.

Expérimenté depuis un an, "Visio" compte déjà 40 000 utilisateurs réguliers et fait l’objet d’un déploiement auprès de 200 000 agents. Le CNRS, l’Assurance Maladie, la Direction générale des finances publiques et le ministère des Armées figurent parmi les premières administrations à généraliser l’outil au premier trimestre 2026. Le CNRS prévoit ainsi de remplacer, d’ici fin mars, l’ensemble de ses licences Zoom pour ses 34 000 agents et 120 000 chercheurs associés.

Un gain financier à la clé

Conçu avec l’appui de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), "Visio" repose sur un hébergement souverain labellisé SecNumCloud chez Outscale. La solution intègre des fonctionnalités de transcription automatique fondées sur les technologies de la startup française Pyannote et prévoit, à l’été 2026, un sous-titrage en temps réel basé sur les travaux du laboratoire Kyutai.

Au-delà des enjeux de sécurité, l’État met en avant un gain financier estimé à un million d’euros par an pour chaque tranche de 100 000 utilisateurs quittant des solutions sous licence. Pour le ministre, "Visio" illustre la volonté gouvernementale de reconquérir une indépendance numérique jugée stratégique.

L’accélération du déploiement de "Visio" intervient dans un contexte ou de plus en plus de voix s’élèvent pour demander à l’Europe, très dépendante des services des Gafam, d’agir pour assurer sa souveraineté numérique et se prémunir d’éventuelles représailles de Donald Trump.

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