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Sauvegarder, c’est gouverner : la donnée au cœur de la résilience numérique

Par Thierry Loubes, Head of Business Line Cloud France Le 31 mars 2026, la Journée mondiale de la sauvegarde rappelle que la protection des données est devenue un enjeu stratégique et réglementaire. La transformation numérique des organisations s’accompagne d’une croissance continue des volumes de données et d’une dépendance accrue aux systèmes d’information. Dans le même temps, les cyberattaques se multiplient et ciblent fréquemment les données elles-mêmes. Dans ce contexte, la sauvegarde ne peut plus être considérée comme une opération purement technique. Elle constitue un élément central de la résilience numérique. La Journée mondiale de la sauvegarde des données informatiques, célébrée chaque 31 mars, offre l’occasion de replacer ce sujet au niveau stratégique. D’autant plus que les entreprises évoluent désormais dans un cadre réglementaire européen renforcé, notamment avec NIS2 et DORA. Une externalisation croissante vers le cloud De nombreuses organisations font aujourd’hui le ch...

Sauvegarder, c’est gouverner : la donnée au cœur de la résilience numérique

cloud



Par Thierry Loubes, Head of Business Line Cloud France

Le 31 mars 2026, la Journée mondiale de la sauvegarde rappelle que la protection des données est devenue un enjeu stratégique et réglementaire.


La transformation numérique des organisations s’accompagne d’une croissance continue des volumes de données et d’une dépendance accrue aux systèmes d’information. Dans le même temps, les cyberattaques se multiplient et ciblent fréquemment les données elles-mêmes. Dans ce contexte, la sauvegarde ne peut plus être considérée comme une opération purement technique. Elle constitue un élément central de la résilience numérique.

La Journée mondiale de la sauvegarde des données informatiques, célébrée chaque 31 mars, offre l’occasion de replacer ce sujet au niveau stratégique. D’autant plus que les entreprises évoluent désormais dans un cadre réglementaire européen renforcé, notamment avec NIS2 et DORA.

Une externalisation croissante vers le cloud

De nombreuses organisations font aujourd’hui le choix d’externaliser tout ou partie de leurs sauvegardes dans le cloud. Cette approche permet de bénéficier d’infrastructures mutualisées, d’une capacité de stockage évolutive et d’une accessibilité élargie.

Elle répond également à un objectif de continuité d’activité : disposer de copies externalisées limite les risques liés à un incident local, qu’il soit technique, humain ou malveillant.

Cependant, le recours au cloud ne supprime pas la responsabilité de l’entreprise. La définition des politiques de sauvegarde, la gestion des accès, la fréquence des copies et les tests de restauration restent de la responsabilité de l’organisation. L’externalisation doit donc s’inscrire dans une stratégie maîtrisée et documentée.

Un cadre réglementaire structurant avec NIS2 et DORA

La directive NIS2 (Network and Information Security Directive 2) renforce les obligations des entités essentielles et importantes en matière de gestion des risques de cybersécurité et de continuité des activités. Elle impose notamment la mise en place de mesures techniques et organisationnelles adaptées pour protéger les systèmes d’information. La capacité à restaurer les données après un incident fait partie des attentes en matière de résilience.

Le règlement DORA (Digital Operational Resilience Act), applicable au secteur financier, vise à garantir la résilience opérationnelle numérique des acteurs concernés. Il encadre la gestion des risques liés aux technologies de l’information et de la communication, impose des tests réguliers et renforce la supervision des prestataires tiers, y compris les fournisseurs de services cloud. Dans les deux cas, la sauvegarde n’est plus un simple choix technique : elle s’inscrit dans un cadre de conformité formalisé et contrôlable.

Une articulation entre performance, sécurité et disponibilité

La sauvegarde participe directement à trois enjeux majeurs des systèmes d’information : la performance, la sécurité et la disponibilité. Une stratégie adaptée permet de réduire les temps d’interruption en cas d’incident, de limiter l’impact opérationnel et de préserver l’intégrité des données. Elle soutient également les démarches d’audit et de gouvernance en apportant des preuves tangibles des dispositifs mis en place. Dans un environnement où la donnée est un actif stratégique, sa protection conditionne la continité des activités et la confiance des parties prenantes.

Une gouvernance à structurer dans la durée

La Journée mondiale de la sauvegarde ne doit pas être perçue comme un simple rappel ponctuel. Elle constitue un point d’étape utile pour interroger la maturité réelle des dispositifs en place et leur adéquation avec les risques actuels. Structurer une gouvernance de la sauvegarde suppose d’inscrire le sujet dans le temps long. Cartographier les données critiques, identifier les systèmes prioritaires, formaliser des politiques claires (fréquence, périmètre, durée de conservation), tester régulièrement les procédures de restauration et documenter les responsabilités sont des étapes essentielles pour répondre aux exigences actuelles. Cette démarche implique également un alignement entre les équipes IT, les responsables sécurité et la direction. La sauvegarde ne peut être efficace que si elle est pilotée, suivie et réévaluée régulièrement, au même titre que les autres dispositifs de gestion des risques.

La sauvegarde n’est plus un simple sujet technique. Elle est devenue un indicateur de maturité et de responsabilité. À l’ère du cloud et de NIS2 et DORA, structurer une stratégie de sauvegarde robuste, testée et documentée relève pleinement de la gouvernance.

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