Conçu autour d’un scénario de conflit en Europe opposant un État expansionniste à un voisin menacé dans sa souveraineté, ORION 26 est le plus vaste exercice militaire conduit par la France depuis la guerre froide. Il s’achève ce jeudi en présence du président de la République, Emmanuel Macron.
Ce jeudi, Emmanuel Macron, se rend à Mailly-le-Camp pour observer la quatrième et ultime phase de l’exercice militaire ORION 26, point d’orgue de la séquence de préparation opérationnelle engagée par les armées françaises depuis l’automne 2025 et qui s’est déroulée dans 15 départements dont l’Aude et le Lot. Pensé dès 2021 puis profondément révisé après l’invasion de l’Ukraine, cet exercice constitue le plus ambitieux conduit par la France depuis la fin de la guerre froide. Il repose sur un scénario fictif, opposant Mercure à Arnland, mais conçu pour refléter les dynamiques actuelles de déstabilisation en Europe et le retour des conflits entre États.
Organisé en quatre phases, ORION 26 a successivement testé la planification stratégique, le déploiement en coalition, la coordination interministérielle, avant d’entrer, du 18 au 30 avril, dans une phase d’engagement interallié de haute intensité. Celle-ci s’inscrit explicitement dans un cadre de défense collective inspiré de l’OTAN, avec un état-major de niveau corps d’armée et trois divisions multinationales.
Au total, 12 500 militaires sont mobilisés, appuyés par 1 800 véhicules, 30 hélicoptères et 800 drones. L’armée de Terre engage trois brigades, tandis que la Marine assure la supériorité aéro-maritime et la capacité de frappe dans la profondeur. L’armée de l’Air déploie, elle, une bulle de protection sol-air autour des forces engagées.
Vérifier la capacité de la France à entrer en premier sur un théâtre
Au-delà de la démonstration capacitaire, l’exercice vise à éprouver l’ensemble de la chaîne décisionnelle, du politique au tactique. Il s’agit de vérifier la capacité de la France à entrer en premier sur un théâtre, à commander une coalition, puis à s’intégrer dans une manœuvre interalliée. Cette logique de « nation-cadre » est au cœur du positionnement français.
La séquence qui sera observée par le chef de l’État demain illustre cette montée en intensité : briefing en poste de commandement enterré, manœuvres d’aérocombat, tirs d’artillerie, survol par hélicoptère de tranchées inspirées du retour d’expérience ukrainien et combat combiné en temps réel. L’objectif affiché est de confronter les forces à un environnement contesté, marqué par la généralisation des drones, la dispersion des postes de commandement et la fin du « confort opératif ».
ORION 26 s’inscrit enfin dans une stratégie plus large de réarmement, engagée depuis 2025. Il met en lumière plusieurs points de vigilance, notamment la consommation de munitions en haute intensité et la nécessité d’adapter les moyens aux nouvelles formes de conflictualité.
À travers cet exercice, la France acte ainsi une évolution doctrinale majeure : la préparation à une guerre longue, multi-domaines et collective, au cœur du continent européen.